Ministère Royal des Affaires Etrangères du Danemark - Allez au page avant de um.dk   Publication  
 
 
     
 
 

MASS-MÉDIA

Photo
Le journal télévisé est une combinaison de textes et d’images dont la mise en scène doit être conforme à l’esprit du temps. La distance est grande entre la lecture la plus neutre possible des premières informations télévisées, à la table d’un studio et devant un logo, et la souplesse de la scénographie totale d’un studio moderne du journal télévisé. Photo : Bjarne Bergius Hermansen.

Si l’on observe la situation actuelle des mass-média au Danemark, quelques tendances majeures sautent aux yeux. D’abord, la population utilise de plus en plus les média, ensuite, la diversité des média et des types de moyens de communication va toujours croissant, surtout dans le domaine des média électroniques.

Ces média abordent en outre des sujets de plus en plus variés : le nombre des Danois qui utilisent des média orientés vers l’étranger est en augmentation, mais les média qui ont leur ancrage dans les collectivités locales soulèvent aussi un intérêt grandissant.

Les grandes lignes de ce développement

Le plus ancien des moyens de communication danois est le journal, qui date de 1634. Pendant plus de 200 ans, les journaux, soumis à la censure politique, ne contenaient grosso modo que des nouvelles sur la politique étrangère, le commerce, les faits divers et les curiosités telles que sirènes et veaux à deux têtes. La Constitution de 1849 ayant accordé aux Danois la liberté de la presse, celleci devint rapidement une presse d’opinion qui se faisait l’écho des violents conflits politiques et sociaux entraînés par la mutation de la société agricole en société industrielle.

Les journaux danois ont joué un rôle politique important pour l’intégration de groupes de plus en plus nombreux dans le processus décisionnel politique. Quand les paysans et les ouvriers eurent obtenu le droit de vote, les femmes l’obtinrent à leur tour en 1915.

Logo

La presse des partis

La presse d’opinion devint une presse de partis appelée le système des quatre journaux. Chacun des quatre grands partis, la Droite (Højre, devenue le Parti populaire conservateur (Det Konservative Folkeparti) à partir de 1915), le Parti radical (Det Radikale Venstre), la Social-Démocratie (Socialdemokratiet) et le Parti libéral (Venstre), organisèrent dans tout le pays un réseau de presse qui mobilisait les lecteurs et articulait l’organisation des divers groupes sociaux qu’ils représentaient.

L’Accord de Septembre de 1899, qui permit aux partenaires sociaux de s’entendre pour définir un modèle de négociation en mesure de régler les conflits, et l’introduction du parlementarisme, en 1901, réduisirent l’influence de la presse sur les opinions politiques. En même temps, une série de découvertes techniques entraînant des innovations : le téléphone, la machine à composer, de nouvelles presses rotatives, la généralisation du télégraphe électrique, etc. augmentaient les possibilités de diffusion et de communication des nouvelles. Enfin, le public se révélait plus intéressé par une presse qui lui donnait matière à réflexion au lieu de lui dicter ses opinions.  

Photo: KOB 
Mendel Levin Nathanson (1780-1868), devient, en 1838, rédacteur d’un Berlingske Tidende alors stagnant. Nathanson, qui attache beaucoup d’importance aux nouvelles, fait oeuvre de pionnier en publiant celles de l’industrie et du commerce, qui lui assurent un succès durable. Il occupe le poste de rédacteur jusqu’en 1858 et le retrouve de 1866 à 1868.

La réforme de la presse

La presse trouva son nouveau rôle en publiant toujours davantage d’informations, plus rapidement et de façon plus indépendante. On fait volontiers remonter la «réforme de la presse» à 1905, date où le rédacteur en chef du quotidien Politiken, Henrik Cavling, transforma son quotidien pour qu’il exprime d’un coup toutes les nouvelles tendances de la presse. Mais cette nouvelle technique et la quantité des journalistes requis pour réaliser un journal moderne coûtaient cher et la concurrence entre les journaux sur les revenus provenant des abonnements et des annonces s’en trouva exacerbée. Ce fut la mort des journaux : de 1925 à 1938, leur nombre diminua et il chuta de nouveau entre env. 1958 et 1971.

De plus, une nouvelle concurrence menaçait les quotidiens. D’une part, les journaux locaux et gratuits, restés peu nombreux pendant la deuxième moitié du XIXe s., se multiplièrent pendant les années 1920. De l’autre, un tout autre genre de média : la radio. Des pionniers commencèrent à émettre en amateurs vers 1920 et au cours des années 1930, la radio conquit près de 75 % de tous les ménages danois. C’est sa rapidité dans la diffusion de l’information qui faisait et qui fait toujours la force de la radio. La presse écrite réussit cependant, dans un premier temps, à contrôler en partie le journal parlé dans les limites d’un monopole d’État qui dura jusqu’en 1964. Mais les quotidiens avaient désormais perdu le monopole de la diffusion des nouvelles.

Photo: Fred. Riise. KOB
Viggo Hørup (1841-1902), est avant tout un politicien. En 1884, il fait partie des fondateurs du quotidien Politiken, qui devient l’organe principal de l’opposition libérale. Ses chroniques polémiques, qui font connaître le journal, sont redoutées des milieux conservateurs.

L’aggravation de la concurrence et la télévision

Avec la croissance économique du milieu des années 1950, la concurrence entre les journaux se fit de nouveau plus vive car les nouvelles possibilités de consommation et de distractions accaparaient le temps et l’argent des consommateurs. En outre, après la Seconde Guerre mondiale, l’appareil de production de la presse, usé ou détruit, exigeait de nouveaux investissements et les nouvelles techniques augmentaient la pression financière.

Les journaux souffraient aussi de la concurrence d’autres média. La radio fut dotée de plusieurs chaînes, d’une deuxième en 1951 et d’une troisième en 1963, et le nombre des journaux locaux et gratuits augmenta une fois de plus. Un nouveau médium vint s’y ajouter : la télévision, qui fournissait aussi des informations en les illustrant, de surcroît, avec des images vivantes.

Photo: Juncker-Jensen. KOB 
Emil Wiinblad (1854-1935), devient rédacteur de Social-Demokraten en 1881, au moment où cet organe est dominé par la théorie politique. En misant sur des reportages concrets et souvent révélateurs sur la vie des ouvriers, Wiinblad fait progresser son journal en lui assurant une influence politique.

L’ère de la presse de monopole

La mort des journaux, dans les années 1960, sonna le glas du système des quatre journaux qui fut remplacé par une presse de monopole locale. Dans chaque ville d’une certaine importance, on ne trouvait plus, en effet, qu’un seul quotidien au lieu des trois ou quatre existant précédemment. Pour plaire à un large public, ces quotidiens durent gommer encore davantage leur engagement politique et donner, en revanche, une priorité accrue à une information diversifiée, suppléée par un plus grand nombre d’analyses et d’articles de fond.

C’est surtout la presse provinciale qui souffrit de la concurrence, car elle subissait la pression des grands quotidiens du matin, dont la distribution augmentait dans tout le pays. Dès les années 1970, ils s’accompagnèrent des deux tabloïds de midi publiés à Copenhague qui connurent, pendant les deux décennies suivantes, un énorme succès de ventes en province. Les quotidiens de province misèrent sur ce qui faisait leur force réelle : les nouvelles locales, en augmentant notablement leur couverture locale. À partir du milieu des années 1980, ils durent pourtant faire face à de nouvelles concurrentes : les stations de radio et de télévision locales. Dans les années 1990, le Danemark assista à une nouvelle vague de concentration des quotidiens, cette fois-ci sous forme de fusions, de sorte que les quotidiens restants couvrent des régions de plus en plus étendues. Les publications hebdomadaires locales, livrées gratuitement à domicile, ont fait appel, durant cette période, à de meilleurs rédacteurs, et constituent une concurrence supplémentaire. Pour se défendre, les quotidiens ont acheté ou lancé leurs propres publications locales, afin d’empocher eux-mêmes leurs recettes publicitaires et de prévenir une nouvelle concurrence.

 

Logo

Photo: Junkcer-Jensen. KOB Photo: Juncker-Jensen. KOB
Henrik Cavling (1858-1933), rédacteur de Politiken à partir de 1905, est le principal architecte de la « réforme de la presse ». Il remplace la minutie tâtillonne du journalisme d’opinion par la rapidité de diffusion des nouvelles, un large profil d’informations et un langage simple et direct. Franz v. Jessen (1870-1949), est l’un des pionniers du journalisme à l’étranger. Ses articles sur les points chauds de la planète, comme l’assassinat du roi de Serbie à Belgrade en 1903 et la guerre russojaponaise, sont toujours sobres et bien informés en matière de haute politique.
Photo: Hauerslev. KOB Photo: KOB
Emil Holm (1867-1950), chanteur d'opéra devenu le premier chef de Radio Danmark (1925-1937), donne à ce nouveau médium, dominé jusque là par des amateurs, un profil sérieux et professionnel en misant sans réserve sur l'art et la culture. Louis Schmidt (1885-1952), assure la rédaction du journal Århus Stiftstidende de 1918 à 1952. Durant cette période, son journal devance deux concurrents de force égale à la sienne et devient le journal local dominant, grâce à sa volonté de combiner les sujets nationaux et locaux.

Logo

Tendances actuelles

En 1988, la suppression du monopole de la télévision d’État, en même temps que l’apparition de la télévision par satellites et par cables, a fait exploser le nombre des chaînes de télévision accessibles au public danois, ce dont ont surtout souffert les tabloïds de midi et les hebdomadaires de variétés. 

Depuis 2001, la publication de toute une série de quotidiens gratuits est venue renforcer la pression sur les quotidiens traditionnels.

Les trois grands quotidiens du matin, Berlingske Tidende, Morgenavisen Jyllands-Posten et Politiken, ont mieux conservé leurs lecteurs grâce à leur profil sérieux ; ils ont même vu leur tirage augmenter parce que leur lectorat, plus que le reste de la population, préfère les informations plus complètes et diversifiées fournies par les grands journaux. On note un développement analogue en province, puisque quatre grands journaux régionaux ont trouvé les moyens de relever leur niveau qualitatif.

La radio, et surtout la télévision, ont vu leur public s’élargir fortement depuis la Seconde Guerre mondiale à mesure qu’elles augmentaient le volume de leurs programmes de variétés sous forme de musique, de films et de séries télévisées.

Internet constitue un nouveau facteur de la croissance des média. Depuis 1995 environ, et surtout depuis 2001, les média imprimés – emboîtant le pas aux plus grands quotidiens, - et les média électroniques se sont lancés sur le Net où ils se taillent désormais une place considérable.

En général, la consommation des média va croissant, notamment celle des media électroniques, Internet y compris, alors que les média imprimés souffrent de la stagnation.

Photo: Harry Hansen. KOB
Aksel Dahlerup (1897-1978), journaliste à Radio Danmark de 1927 à 1967, est le pionnier du reportage radiodiffusé proprement dit, qui décrit, avec des moyens authentiques, la vie quotidienne des Danois et des entreprises, de même que les événements historiques.

Photo: Erling J. Pedersen. KOB 
Gunnar Hansen (1905-1993), reporter sportif de Radio Danmark de 1935 à 1976, est surtout célèbre pour ses reportages enthousiastes des événements sportifs. Son surnom de Gunnar NU Hansen vient de son habitude de crier ”NU !” (= Ca y est !), quand des buts étaient marqués dans les matches de football.

Les quotidiens

Au cours des 25 dernières années environ, les trois grands quotidiens du matin distribués dans tout le pays ont fortement augmenté leur part de marché, déjà considérable, pour atteindre environ un tiers de la totalité des tirages. L’un des petits quotidiens du matin nationaux a dû fermer tandis que ceux qui se sont maintenus ont vu augmenter leur tirage. Durant cette période, le tirage des tabloïds de midi a baissé d’env. 58 % et leur part du marché a baissé en conséquence. En province, les grands quotidiens régionaux ont fait une avancée marquante au détriment de leurs petits homologues, notamment à cause des fusions intervenues ces dernières années.

Ce décalage au profit des grands quotidiens nationaux s’explique essentiellement par le sérieux de ces derniers qui accordent la primauté aux informations tant étrangères et nationales que culturelles et qui plaisent à un lectorat mieux formé et plus désireux que le reste de la population de s’informer par la lecture des journaux.

Figure: Quotidiens. Nombre des quotidiens entièrement indépendants et leur tirage (en milliers d’ex.)

Dans l’ensemble, les quotidiens ont perdu une partie de leur solidité autrefois si inébranlable. Alors qu’ils couvraient plus de 100 % des ménages de 1910 à 1955, ce qui veut dire que les ménages danois étaient abonnés en moyenne à plus d’un journal par jour, les quotidiens payants ont peu à peu régressé et leur taux de couverture est actuellement d’env. 55 %.

En automne 2001, des publications d’un nouveau genre ont vu le jour. Apparentés aux quotidiens, ces journaux gratuits donnant des nouvelles brèves, sont distribués dans les carrefours de grande circulation, etc. Distribués les premiers temps uniquement à Copenhague, ces journaux gratuits ont maintenant gagné les grandes villes de province.

La totalité de leurs tirages quotidiens atteignait en 2005 environ 550 000 ex. En automne 2006, de nouveaux journaux gratuits distribués aux ménages se sont ajoutés à ce groupe de publications.

Logo

Principaux quotidiens danois

Les trois grands quotidiens du matin 
Berlingske Tidende [Copenhague].   Fondé en 1749. Politiquement indépendant (conservateur). Paraît 7 jours sur 7.
    Tirages en 2005 : semaine/dimanche : 125 000/147 000 ex. (http://www.berlingske.dk)
Morgenavisen Jyllands-Posten [Århus].   Fondé en 1871. Indépendant des partis (conservateur). Paraît 7 jours sur 7.
    Tirages en 2005 : semaine/dimanche : 149 500/203 000 ex. (http://www.jp.dk)
Politiken [Copenhague].   Fondé en 1884. Politiquement indépendant (social-libéral). Paraît
    7 jours sur 7.
Tirages en 2005 : semaine/dimanche : 128 000/164 500 ex. (http://www.politiken.dk)
Autres journaux distribués dans tout le pays 
Børsen [Copenhague].   Fondé en 1896. Politiquement indépendant. Paraît cinq jours sur sept.
    Tirage en 2005 : 68 900 ex. (http://www.borsen.dk)
Information [Copenhague],   Fondé en 1945. Politiquement indépendant. Paraît six jours sur
    sept. Tirage en 2005 : 20 600 ex. (http://www.information.dk)
Kristeligt Dagblad [Copenhague].   Fondé en 1896. Politiquement indépendant. Paraît six jours sur
    sept. Tirage en 2005 : 25 400 ex. (http://www.kristeligt-dagblad.dk)
Tabloïds de midi   
B.T. [Copenhague].   Fondé en 1916. Politiquement indépendant (populaire,
    conservateur). Paraît 7 jours sur 7.
Tirages en 2005 : semaine/dimanche : 95 000/141 000 ex. (http://www.bt.dk)
Ekstra Bladet [Copenhague].   Fondé en 1904. Politiquement indépendant (populaire, social-
    libéral). Paraît 7 jours sur 7.
Tirages en 2005 : semaine/dimanche : 107 000/143 500 ex. (http://www.eb.dk)
Grands quotidiens régionaux 
Fyens Stiftstidende [Odense].   Fondé en 1772. Indépendant des partis (conservateur). Paraît 7 jours sur 7. 
    Tirages en 2005 : semaine/dimanche : 60 500/76 000 ex. (http://www.fyens.dk)
Jydske Vestkysten [Esbjerg].   Fondé en 1918. Politiquement indépendant (conservateur). Paraît 7 jours sur 7.
    Tirages en 2005 : semaine/dimanche : 78 500/89 500 ex. (http://www.jv.dk)
Nordjyske Stiftstidende [Aalborg].   Fondé en 1767. Politiquement indépendant (libéral). Paraît 7 jours sur 7.
    Tirages en 2005 : semaine/dimanche : 69 000/80 000 ex. (http://www.nordjyske.dk)
Århus Stiftstidende [Århus].   Fondé en 1794. Politiquement indépendant (libéral). Paraît 7 jours sur 7.
    Tirages en 2005 : semaine/dimanche : 51 500/51 000 ex. (http://www.stiften.dk)
Autres grands journaux locaux
Dagbladet/
Frederiksborg Amts Avis
[Ringsted].
  Fondé en 1871. Libéral. Paraît six jours sur sept.
Tirage en 2005 : 51 700 ex. (http://www.dagbladetonline.dk &
    http://www.frederiksborgamtsavis.dk)
Lolland-Falsters Folketidende [Nykøbing Falster].  

Fondé en 1873. Politiquement indépendant. Paraît six jours sur sept.

    Tirage en 2005 : 22 200 ex. (http://www.folketidende.dk)
Sjællandske [Næstved/Slagelse].   Fondé en 1815. Politiquement libéral. Paraît six jours sur sept.
        Tirage en 2005 : 25 000 ex. (http://www.sj-medier.dk)
Vejle Amts Folkeblad [Vejle].   Fondé en 1865. Politiquement libéral. Paraît six jours sur sept.
    Tirage en 2005 : 23 900 ex. (http://www.vaf-fd.dk)
Journaux gratuits distribués dans les autobus et les gares de tout le pays
metroXpress [Copenhague]. Fondé en 2001. Paraît cinq jours sur sept.
  Tirage distribué en 2005 : 232 800 ex. (http://www.metroxpress.dk)
Urban [Copenhague]. Fondé en 2001. Paraît cinq jours
  sur sept.
Tirage distribué en 2005 : 222 800 ex. (http://www.urbanavis.dk)
Journaux gratuits distribués aux ménages 
24 heures [Copenhague]. Fondé en 2006. Paraît cinq jours sur sept.
  (Tirage non contrôlé). (http://www.24heures.dk)
Dato [Copenhague]. Fondé en 2006. Paraît cinq jours sur sept.
  (Tirage non contrôlé). (http://www.dato.dk)
Nyhedsavisen [Copenhague]. Fondé en 2006. Paraît six jours sur sept.
  (Tirage non contrôlé). (http://www.avisen.dk)
Sources : Contrôle danois des tirages. 

Logo

Les publications locales

Ces publications sont financées par la publicité et distribuées gratuitement aux ménages dans un quartier géographiquement limité, une ou deux fois par semaine au maximum. La plupart d’entre elles couvrent une ou deux communes. Leurs articles rédactionnels (en général 20 à 30 % de leur contenu total) ne traitent d’ordinaire que des sujets locaux.

Le nombre de ces publications a augmenté jusqu’au milieu des années 1970 pour retomber un peu par la suite. Leur tirage, en revanche, ne cesse de progresser, c’est-à-dire que leur tirage moyen s’est accru. Ceci est dû, essentiellement, au monopole détenu par la plupart d’entre elles dans une partie de leur quartier en tout cas. Elles sont puissantes, par conséquent, sur le plan financier et rédactionnel. Près des deux tiers de toutes ces publications appartiennent à des quotidiens ; elles représentent un peu plus des trois quarts de leur tirage total.

Pratiquement 100 % des ménages reçoivent ces publications gratuites - plusieurs ménages en reçoivent plus d’une par semaine - et elles sont lues par 80 à 90 % de la population adulte.

Figure: Tirages. Répartition des tirages des principaux genres de quotidiens en 2005 (en %)

Les hebdomadaires

Les hebdomadaires de variétés se divisent en deux groupes : les magazines ciblés sur la famille ou les femmes contiennent surtout des articles sur la mode, la maison et la vie quotidienne ainsi que des articles de variétés proprement dits, notamment des romansfeuilletons et des nouvelles.

Les magazinesphotos contiennent surtout des informations sur le cinéma, la télévision, et les gens des variétés, autrement dit, surtout des cancans relatifs aux célébrités.

Plus généralement, ce secteur de la presse comprend aussi un grand nombre de magazines mensuels ou trimestriels extrêmement divers, souvent assez spécialisés, dont une série se situent à la limite des magazines professionnels proprement dits. Ces derniers ont connu une croissance marquée durant ces dernières années.

Photo: Pressehuset. P. Schön. KOB 
Børge Outze (1912-1980). Sous l’occupation allemande du Danemark, de 1940 à 1945, Børge Outze dirige Information, le principal bureau des informations illégales, qu’il transforme, en 1945, en un organe politiquement et commercialement entièrement indépendant.

Les magazines professionnels

Les magazines professionnels et les organes syndicaux qui s’en rapprochent, les périodiques, etc., forment un groupe difficile à cerner dont le nombre est très important. Ils ont néanmoins deux points communs : ils traitent de sujets spécialisés et s’adressent tous à un groupe de lecteurs très ciblé.

Photo: KOB 
Laust Jensen (1914-1996), a déjà une longue carrière de journaliste et de rédacteur derrière lui quand il devient, en 1976, rédacteur en chef et directeur de Jyllands-Posten. Pendant les huit années qui suivent, il fait de cet organe régional le plus grand quotidien du matin distribué dans tout le Danemark.

Logo

La radio

Les premières émissions de radio ont été diffusées par des amateurs vers 1920, mais dès 1923, trois grands journaux de Copenhague commençaient à diffuser des informations. En 1926, l’État se réserva le monopole de la radio, après avoir créé, en 1925, le Service radiophonique de l’État (Statsradiofonien), institution entièrement financée par la redevance qui prit, en 1959, le nom de Radio Danemark (Danmarks Radio, DR).

Parallèlement, les bulletins d’informations concurrents furent remplacés par un seul service d’informations : Le Journal Radiophonique de la Presse, qui fut rédigé par la presse danoise jusqu’en 1965. En 1951, DR fut dotée d’une deuxième chaîne, puis d’une troisième en 1963. À l’heure actuelle, la première chaîne (P1) émet un large éventail de programmes, surtout informatifs et culturels, la deuxième chaîne (P2musik) émet principalement de la musique classique, tandis que la troisième chaîne (P3) émet des programmes de musique et d’informations surtout à l’intention des jeunes auditeurs. La quatrième chaîne, P4, qui faisait partie de P2 depuis 1992, est devenue indépendante depuis 2001. Elle se concentre sur des programmes de variétés et des informations locales.

Depuis 1983, de nombreuses stations radiophoniques locales émettent des programmes consacrés à des sujets locaux ou spécialisés, financés au départ par les dons des auditeurs, les contributions des organisations, etc., mais quelquefois aussi, depuis 1988, par les recettes publicitaires. En outre, depuis 1997, les programmes de Radio 2, radio commerciale, sont diffusés dans l’ensemble du pays. En 2003, Sky Radio a acquis une cinquième station FM, qu’elle a fermée en 2005. Cette station, rachetée en 2006 par TV 2, diffuse des programmes depuis février 2007 sous le nom de TV 2 Radio. Une sixième station FM, qui couvre la Sélande, la Fionie et l’Est du Jutland, a également été acquise en 2003 par Radio 100FM (qui appartient à une agence néerlandaise : Talpa Radio). Cette chaîne diffuse de la musique et des informations et ses émissions atteignent maintenant l’ensemble du pays sur le réseau numérique. Depuis 2002, les programmes numériques sont offerts sous forme de services DAB. La plupart de ces chaînes appartiennent à DR, tandis que d’autres sont utilisées par des stations commerciales. L’immense majorité de ces dernières sont des chaînes spécialisées.

Photo: Nordisk Pressefoto. Vittus Nielsen. KOB 
Victor Andreasen (1920-2000), rédacteur en chef d’Ekstra Bladet de 1963 à 1967 et de 1971 à 1976. Il a beaucoup de succès en donnant à ce tabloïd le profil d’un organe agressif dans sa critique de la société, tout en lui conservant son style populaire de journal à sensation. 

Photo: Jakob Boserup. Scanpix 
Henning Fonsmark (1926-2006), transforme en 1971 l’édition du soir du quotidien Berlingske Tidende en un hebdomadaire politicoculturel. Rédacteur au Berlingske Tidende de 1976 à 1982, il passe ensuite à Børsen. Ses ouvrages d’analyse de la société lui confèrent le statut de chef de file idéologique de la bourgeoisie.

La télévision

Les premières émissions télévisées et les premiers programmes d’actualité de DR, qui remontent respectivement à 1951 et à 1953, firent place, en 1965 à un véritable journal parlé télévisé. Le monopole d’État de la télévision a pris fin le 1er octobre 1988, avec les premières émissions d’une chaîne de télévision : TV 2, couvrant tout le pays, combinée avec huit régions. Ces deux chaînes ont des obligations de service public dans le domaine des informations, des programmes instructifs d’intérêt général, etc. En 1996, DR a lancé sa 2e chaîne, et TV 2 a suivi son exemple en 2000. Après quoi, TV 2 a crée deux autres chaînes spécialisées en 2004 et 2005. En décembre 2006, TV 2 a inauguré une chaîne d’informations : TV 2 News, qui diffuse 24 heures sur 24. La décision avait été prise en 2002 de préparer la privatisation de TV 2, qui continuera cependant à avoir des obligations de service public. Cette décision n’a pas encore été appliquée.

Les stations commerciales, libérées de toute obligation de ce genre et qui ne pensent qu’à l’audimat et aux recettes publicitaires qui en découlent, misent surtout sur les programmes de variétés. La première station de ce genre, TV3, émet par satellite. Basée originellement à Londres, elle a commencé à émettre le 1er janvier 1988. Elle a été, depuis, complétée par TV3 +, propriété de Modern Times Group et gouvernée par l’intermédiaire de Viasat.

Les essais de télévision locale ont commencé en 1983. Les premières années, ces stations locales n’étaient autorisées ni à émettre des programmes publicitaires ni à former des réseaux de stations locales. Les annonces publicitaires ont été autorisées en 1988, et depuis 1997, il est permis de former des réseaux de stations locales. En avril 1997, TvDanmark a commencé à produire, en coopération avec huit régions (trois ultérieurement), des programmes essentiellement de variétés et des émissions d’informations régionales. TvDanmark dispose de deux chaînes depuis 2000 : appelées actuellement Kanal 4 (Chaîne 4) et Kanal 5 (Chaîne 5), elles sont la propriété de Scandinavian Broadcasting System.

En 2005, la consommation de télévision quotidienne des téléspectateurs danois était de 2h33 en moyenne, dont 33 % pour les deux chaînes de DR, de 40 % pour les quatre chaînes de TV2, de 9 % pour TV3 et de 6 % pour les Chaîne 4 + Chaîne 5 (88 % au total), alors que les autres chaînes atteignaient 12 %.

Photo: Scanpix 
Sten Bostrup (1939-2006), attaché au journal télévisé de Radio Danmark à partir de 1967, il y reste pendant trente ans. Il devient le ”Monsieur News” danois grâce à sa culture, sa précision, sa crédibilité et son humour pincesansrire.

Internet

Les entreprises, comme les particuliers, utilisent très largement Internet. Ainsi, 82 % des entreprises possédaient leur site Internet en 2005 et les médias y ont pratiquement tous recours. Le pourcentage des ménages ayant accès à Internet, qui était passé de 16 % en 1997 à 36 % en 1999, a atteint 73 % en 2005. Un pourcentage toujours croissant de ces internautes ont la connexion à haut débit ou d’autres connexions fixes.

La moitié environ du temps passé sur Internet par le consommateur moyen est consacré à la lecture des journaux et des nouvelles en général. Les sites les plus visités sont ceux de Radio Danemark et de TV 2, mais les sites des grands quotidiens sont également très consultés.

L’Agence

Ritzau Le principal fournisseur de tous les média danois en matière d’informations nationales et étrangères est l’agence de presse appelée Ritzaus Bureau. Cette agence reçoit ses informations de plusieurs agences étrangères, surtout de l’Agence Reuter, et elle transmet à l’étranger ses informations danoises. Ses services fournissent des informations (86 %), et des articles de fond (env. 11 %). Fondée en 1866, l’Agence Ritzau est la propriété de la presse danoise depuis 1947.

Le marché publicitaire

La consommation publicitaire n’a cessé de croître au Danemark depuis la flambée économique des années 1960. Alors que dans les années 1960, la presse écrite détenait plus de la moitié de la publicité, sa part du marché a baissé, car non seulement les média électroniques, la radio et la télévision, ont gagné des parts de marché, mais d’autres genres de publicité indépendants des mass-média ont également progressé, surtout sous forme d’imprimés gratuits.

Jette Drachmann Søllinge
Chercheur, spécialiste de la presse, mag. art.

Renseignements supplémentaires

Site Internet officiel du Danemark :
http://www.denmark.dk

Danmarks Statistik :
http://www.dst.dk

MedieStatistikBanken
mediesekretariatet.statistikbank.dk

Internationalt Presse Center
(Centre International de la Presse)
Vestergade 2
DK-1456 Copenhague K
Tél. : (45) 3313 1615
http://www.umipc.dk
ipc@umipc.dk

Danske Dagblades Forening
Pressens Hus
(Association des Quotidiens danois – Maison de la Presse)
Skindergade 7
DK-1159 Copenhague K
Tél. (45) 3397 4000
http://www.pressenshus.dk
ddf@danskedagblade.dk

Danske Mediers Forum
Sekretariat : Pressens Hus
(Forum des Médias danois Secrétariat : Pressens Hus)
Skindergade 7
DK-1159 Copenhague K
Tél. (45) 3397 4000
http://www.medierne.dk
medierne@medierne.dk

Ritzaus Bureau
(Agence Ritzau)
Store Kongensgade 14
DK-1264 Copenhague K
Tél: (45) 3330 0000
http://www.ritzau.dk
ritzau@ritzau.dk

DR
(Danmarks Radio)
DR Byen
Emil Holms Kanal 20
DK-0999 Copenhague C
Tél. (45) 3520 3040
http://www.dr.dk
dr@dr.dk

TV 2
Rugaardsvej 25
DK-5100 Odense C
Tél. (45) 6591 9191
http://www.tv2.dk
tv2@tv2.dk




Cette page fait partie de la publication "Mass-média" comme chapitre 1 de 1
La version 1 de la publication, avec date de la version 17-04-2007,
La publication se trouve à l’adresse http://www.netpublikationer.dk/um/7809/index.htm

 

 
 
 
 
  © | www.um.dk
| Dessus | Copie