
Sur la base de la stratégie de réduction de la pauvreté du Burkina Faso, l’ob-jectif principal de la coopération au développement entre le Burkina Faso et le Danemark de 2006 à 2010 sera de contribuer à un développement social et économique durable au Burkina Faso par le biais de la lutte contre la pauvreté et de la croissance économique.
La stratégie de réduction de la pauvreté restera la pierre angulaire de la coopé-ration au développement. Ainsi, et à la lumière de l’évaluation généralement positive de la gestion des finances publiques par le Burkina Faso, un appui macro-économique sera octroyé à la mise en œuvre de la stratégie de réduction de la pauvreté conformément aux objectifs et aux budgets des plans d’action triennaux associés. En outre, l’aide danoise à la stratégie s’articulera autour d’un nombre limité de secteurs prioritaires. On cherchera à répartir plus ou moins également l’appui destiné aux interventions productives et sociales.
La coopération au développement reposera sur les quatre axes prioritaires de la stratégie de réduction de la pauvreté, comme indiqué ci-après :
Une partie considérable de l’aide danoise sera canalisée vers les secteurs de production, y compris le secteur agricole et autres acteurs économiques dans les zones rurales. L’objectif est une diversification accrue de la production agricole basée sur une utilisation durable des ressources naturelles. Une autre priorité sera de contribuer au développement de l’infrastructure économique du Burkina Faso.
Dans le cadre de cet objectif, la coopération au développement sera axée sur l’eau, l’assainissement et l’éducation, et notamment le développement des ressources humaines. Une aide sera accordée à la mise en œuvre du plan d’ac-tion national sur la gestion des ressources en eau du Burkina Faso ainsi qu’aux interventions en faveur d’un meilleur accès à l’eau et à l’assainissement. Le Danemark contribuera, en outre, aux efforts engagés dans la lutte contre le VIH/ SIDA, et ce conformément aux plans nationaux dans ce domaine.
La coopération au développement contribuera à atteindre cet objectif par le biais de la réduction de la vulnérabilité de l’agriculture face aux changements climatiques, de l’intensification et de la modernisation de l’agriculture et de l’augmentation et de la diversification des revenus des ruraux ainsi que par le biais d’un appui aux organisations professionnelles et du développement des infrastructures. La coopération au développement appuiera également les opportunités d’activités génératrices de revenus pour les pauvres en promouvant le secteur privé.
La coopération au développement comprendra un appui à la démocratisation, à une meilleure gestion des finances publiques et à la lutte contre la corruption. L’appui aux élections démocratiques sera poursuivi et également destiné à la société civile et au processus de décentralisation et de désenclavement ainsi qu’au renforcement des capacités au sein de l’administration publique au niveau central et décentralisé.
Durant la période de la stratégie, la coopération au développement englobera les programmes sectoriels dans le domaine de l’agriculture, de l’éducation, de l’eau et de l’assainissement. La coopération comprendra également un programme d’appui au secteur de l’énergie de moindre envergure, qui sera progressivement supprimé d’ici la fin 2008. Les programmes sectoriels se baseront sur la stratégie de réduction de la pauvreté et sur les politiques sectorielles du gouvernement burkinabè.
Des mesures commencent à être prises au Burkina Faso en vue d’adopter des approches sectorielles, servant à la coordination de l’aide internationale globale. Durant la période de la stratégie, le Danemark encouragera ce processus et entend, dans la mesure du possible, coordonner et aménager les programmes sectoriels en conséquence. Durant la période de la stratégie, le Danemark examinera de façon permanente, les possibilités d’octroyer un appui budgétaire sectoriel dans le cadre des programmes sectoriels.
L’agriculture et les zones rurales constituent une base toute naturelle pour la coopération au développement. Au Burkina Faso, 85 % de la population active est directement tributaire des ressources naturelles du pays et de l’agriculture peu développée, tandis que plus de 90 % des pauvres vivent dans les zones rurales. Des interventions en faveur de la population rurale profiteront donc à la partie pauvre de la population et permettront parallèlement d’améliorer la sé-curité alimentaire, de promouvoir une utilisation durable des sources d’énergie telles que le bois énergie, et d’accroître l’exploitation du potentiel d’exportation du pays.
Le programme d’appui au secteur de l’éducation a été entamé en 2004. Seuls 28 % de la population adulte au Burkina Faso savent lire et écrire, et seuls 57 % des enfants vont à l’école. Une amélioration du niveau d’éducation est donc indispensable pour le développement à venir du pays. L’aide danoise sera axée sur les priorités de la stratégie de réduction de la pauvreté et contribuera à la mise en œuvre du plan décennal du gouvernement burkinabè en matière de développement de l’éducation de base qui est cofinancée par un certain nombre de bailleurs de fonds, notamment la Banque Mondiale, le Canada, la France et les Pays Bas. L’aide comprendra, d’une part, une aide à l’éducation de base et, d’autre part, une aide aux programmes d’alphabétisation des jeunes et des adultes, en mettant tout particulièrement l’accent sur l’accès des filles et des femmes à l’éducation. Par ailleurs, il est attendu que le programme d’appui au secteur de l’éducation contribuera à améliorer la transition entre les formations de base et les formations professionnelles et à soutenir le gouvernement dans l’élaboration d’une politique dans le domaine des formations professionnelles. Finalement, le programme sectoriel visera à soutenir la décentralisation naissante du système éducatif.
Le programme d’appui au secteur de l’eau et de l’assainissement sera axé sur les zones rurales, où la situation dans ce domaine constitue un véritable problème et où les ressources limitées en eau sont la source potentielle de conflits entre les groupes de population. L’aide danoise dans le secteur de l’eau et de l’assainissement permettra de renforcer l’accès de la population pauvre à l’eau et aux installations sanitaires en vue d’améliorer la situation sanitaire et de réduire la charge de travail pour les femmes et les enfants principalement. Une aide sera octroyée à l’éducation et à la promotion du secteur privé liée au secteur de l’eau et de l’assainissement. Finalement, une aide sera allouée à l’implication directe des différents groupes de population et parties prenantes dans la gestion des ressources en eau, afin de garantir leur durabilité à long terme et de prévenir les aux conflits.
Le secteur de l’énergie au Burkina Faso bénéficie d’une aide danoise depuis 1973. L’énergie figure désormais parmi les considérations transversales de la stratégie de réduction de la pauvreté du Burkina Faso, et ce dans le but d’en-courager la croissance économique. Sur cette base, le programme d’appui au secteur de l’énergie de la coopération au développement ne sera pas prolongé lors de son expiration. À la place, une phase de retrait progressif est établie de 2006 à 2008. Au cours de celle-ci, une aide limitée sera accordée à la consolidation du processus d’élaboration de la capacité institutionnelle dans le domaine de l’énergie ainsi qu’à la consolidation de l’aide octroyée à la production de bois énergie.
Pendant la période 2006-2010, la coopération au développement cherchera à répartir l’aide comme suit entre les secteurs :
Tableau 2: Distribution indicative de l’aide en fonction des secteurs
| 2006 – 2010 | |
| Appui macro-économique | 20% |
| Agriculture | 25% |
| Éducation | 10% |
| Eau et assainissement | 30% |
| Énergie (retrait progressif d’ici 2008) | 5% |
| Autres activités | 10% |
Les domaines d’intervention concrets au sein des programmes sectoriels varient en fonction de chaque situation. De façon générale, les programmes sectoriels soutiennent tous les niveaux de secteur, du ministère aux foyers, entreprises ou organisations syndicales. On cherchera à mettre en place une coopération entre les établissements de recherche danois et burkinabè dans les cas où une telle coopération pourra asseoir la synergie entre la recherche et les activités de développement.
Les considérations transversales danoises (environnement, femmes et démocra-tie) seront intégrées dans les programmes sectoriels. De plus, une série de domaines prioritaires du Partenariat 2000, partagés par les partenaires burkinabè, seront incorporés, tels que le VIH/SIDA, les enfants et les jeunes et le secteur privé. Durant la période de la stratégie, les priorités des programmes sectoriels pourront être continuellement ajustées par rapport à l’évolution de la situation au Burkina Faso, afin de garantir une adéquation optimale entre les besoins de développement du Burkina Faso et les priorités de la stratégie de réduction de la pauvreté.
La démocratisation et la bonne gouvernance sont des éléments centraux de la stratégie de réduction de la pauvreté et du processus de réforme général du Burkina Faso. Durant la période de la stratégie, le Danemark soutiendra la mise en œuvre des mesures de réforme de l’administration publique en continuant d’octroyer un appui programme à la consolidation et à l’intensification du processus de décentralisation et de désenclavement du Burkina Faso. Le programme comprendra un appui institutionnel aux acteurs centraux au sein du ministère de l’Intérieur et des nouvelles municipalités rurales ainsi que la formation des élus. La coopération au développement englobera également des activités suivies en matière de bonne gouvernance, axées sur un appui à la promotion des droits de l’Homme, de la bonne gouvernance économique, de la lutte contre la corruption et de la liberté de la presse. De façon générale, l’administration publique burkinabè fait l’objet d’une appréciation positive à l’échelle internationale. Toutefois, des réformes et un renforcement des capacités restent nécessaires, notamment au niveau décentralisé. Par conséquent, les améliorations institutionnelles et le renforcement des capacités seront privilé-giés, ce qui s’explique également par le recentrage de l’aide danoise, auparavant axée sur les projets, sur les interventions de programmes sectoriels. La coopéra-tion au développement repose largement sur l’implication de la société civile et vise à créer un meilleur cadre de dialogue entre l’État, les autorités décentrali-sées et la société civile.
En ce qui concerne l’égalité entre les femmes et les hommes, la violence contre les femmes et les filles constitue un problème de grande ampleur. Elle se pré-sente sous différentes formes, telles que l’excision, la violence domestique et le travail forcé des filles/femmes dans les villes. Conformément à la stratégie en
matière d’égalité entre les femmes et les hommes, qui recommandait la désigna-tion d’un domaine d’intervention particulier en vue des activités réalisées en la matière, les interventions contre la violence subie par les femmes seront donc privilégiées, et notamment les interventions contre l’excision. Durant la pé-riode de la stratégie, le Danemark collaborera stratégiquement avec les acteurs concernés à diverses initiatives visant à lutter contre ces violations de droit, entre autres en faisant respecter la loi, en organisant des activités d’information et, dans la mesure du possible, en s’efforçant de modifier la conception traditionnelle du droit, en apportant une aide aux victimes et en garantissant l’accès des femmes à l’assistance judiciaire.De plus, en collaboration avec d’autres bailleurs de fonds, le Danemark soutiendra directement la mise en œuvre du plan d’action national du Burkina Faso dans le domaine du VIH/SIDA.
La coopération au développement contribuera à atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement liés au Burkina Faso en appuyant la mise en œuvre de la stratégie de réduction de la pauvreté. Les principaux indicateurs pour la coopération au développement seront les objectifs fixés par le gouvernement burkinabè dans le cadre de la stratégie. Les progrès seront évalués sur la base des objectifs de production concrets de la stratégie de réduction de la pauvreté et des plans d’actions triennaux (cf. tableau 1, page 9). Bien entendu, la coopération au développement entre le Burkina Faso et le Danemark ne pourra pas garantir à elle seule l’accomplissement de ces objectifs. D’autres facteurs importants, comme les politiques nationales, l’aide octroyée par les autres bailleurs de fonds et l’évolution de la situation dans les pays limitrophes, joueront également un rôle dans la réalisation des objectifs définis.
Les objectifs et indicateurs généraux des programmes sectoriels sont décrits au chapitre 4. En outre, tous les ans, des objectifs de production concrets seront fixés (indicateurs de produits) en vue d’une évaluation continue des progrès réalisés dans le cadre des programmes.
Durant la période de la stratégie, l’aménagement et la mise en œuvre de la coopération au développement seront alignés sur les accords internationaux et les principes de coopération au développement, définis entre autres par le comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE. Les points forts seront un renforcement de la coordination, une simplification et une harmonisation des procédures des bailleurs de fonds ainsi qu’une plus grande adhésion du Burkina Faso à la coopération au développement sur la base de la stratégie de réduction de la pauvreté.
Le Danemark œuvrera à une gestion burkinabè efficace de la coopération internationale au développement avec le Burkina Faso. La stratégie nationale de réduction de la pauvreté servira de cadre de référence à la lutte contre la pauvreté. Sur cette base, le Danemark œuvrera à une coordination permanente et consistante dans le domaine de la stratégie, entre autres en vue d’un suivi et d’une révision en continu de cette dernière.
À l’échelon sectoriel, le Danemark participera activement aux groupes de coordination formels et informels. Les priorités danoises porteront sur une coordination sectorielle rapprochée de l’aide internationale au développement organisée par le gouvernement burkinabè. Le Danemark encouragera cette coordination en œuvrant à une harmonisation des procédures des bailleurs de fonds. De même, le Danemark œuvrera à ce que l’aide internationale ressorte plus clairement du budget national burkinabè et que les revues des programmes sectoriels soient réalisées en collaboration avec d’autres bailleurs de fonds.
Les objectifs et domaines d’intervention centraux pour la coordination ainsi que le mode de coopération au développement pour la période 2006-2010 sont indiqués dans le tableau ci-après. La réalisation des objectifs pour la coordination et la coopération ne dépend pas seulement de l’intervention danoise, mais également de l’intervention des partenaires burkinabè et d’autres bailleurs de fonds.
Tableau 3 : Coordination et mode de coopération
| Objectifs | Indicateurs |
| 1. Stratégie nationale de réduction de la pauvreté comme pierre angulaire pour l’allocation des ressources et la mise en oeuvre de la coopération au développement. |
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| 2. Processus de développement avec appropriation nationale, dans le cadre duquel le gouvernement burkinabè, les partenaires au développement et la société civile peuvent opérer. |
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| 3. Intégration complète de la coopération au développement dans les plans et les budgets du gouvernement. Application de procédures harmonisées et simplifiées des bailleurs de fonds en vue de réduire la charge administrative et d’accroître la transparence et la prévisibilité des ressources extérieures. |
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| 4. Capacité nationale à renforcer la durabilité et à encourager la gestion de la coopération au développement, y compris des flux financiers. |
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| 5. Cohérence et consistance de la coopération au développement. |
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La coopération au développement entre le Burkina Faso et le Danemark repose sur un partenariat dans le cadre duquel un développement durable présuppose une intervention prolongée et une politique de développement cohérente. La coopération au développement s’articule autour du processus visant à transférer la responsabilité de la mise en œuvre des activités de développement aux autorités burkinabè.
La mise en œuvre de la stratégie de réduction de la pauvreté et une gestion macro-économique solide sont essentielles pour la coopération au dévelop-pement. La mise en œuvre efficace de cette dernière présuppose l’accomplis-sement de progrès satisfaisants dans ces domaines. Le processus de décentra-lisation et de déconcentration du Burkina Faso joue un rôle crucial dans les composantes de la coopération au développement. Sa mise en œuvre est déter-minante pour une mise en œuvre efficace de la coopération.
Afin de garantir l’impact positif de la coopération au développement, le Danemark tient à ce que le Burkina Faso privilégie la lutte contre la pauvreté, une politique économique socialement équilibrée ainsi que la promotion de la bonne gouvernance, de la lutte contre la corruption, du respect des droits de l’Homme, des droits de la femme, des conditions de développement des enfants et des jeunes et du respect de l’environnement. De même, il est capital que le Burkina Faso continue de contribuer à la paix et à la stabilité au sein de la région et respecte notamment les résolutions et les sanctions des Nations Unies.
Le Danemark œuvrera à garantir une coordination satisfaisante avec les autres bailleurs de fonds, notamment en vue d’intensifier l’harmonisation de leurs procédures et de leur gestion des activités de développement. Cela présup-pose pour la coopération au développement que le Burkina Faso garantisse la parfaite transparence de la gestion de l’aide danoise. Le Danemark attend du Burkina Faso qu’il garantisse le cadre de la coopération au développement, y compris sa coordination tant sur le plan général que sur le plan sectoriel.