4. COMPOSANTES DE LA COOPERATION AU DEVELOPPEMENT
Pendant la période 2006-2010, la coopération au développement englobera un appui macro-économique et des programmes sectoriels dans le domaine de l’agriculture, de l’éducation et de l’eau/assainissement. Le programme d’appui au secteur de l’énergie sera progressivement supprimé d’ici la fin 2008.
4.1 Appui macro-économique
Par le biais d’un appui budgétaire général, le Danemark contribuera à promouvoir, d’une part, l’appropriation nationale au processus de développement du Burkina Faso et, d’autre part, la durabilité de ce dernier. L’appui macro-économique s’inscrit en reconnaissance des progrès que la stratégie révisée de lutte contre la pauvreté et les plans d’action triennaux associés représente, sous la forme de plans d’intervention, d’indicateurs, de budgets et de système de suivi/évaluation. À cela s’ajoutent les évaluations relativement positives du Fonds Monétaire International et de la Banque Mondiale concernant la gestion économique et financière du Burkina Faso.
Le programme d’appui budgétaire sera basé sur l’accord-cadre actuel conclu entre le gouvernement burkinabè, la Commission européenne et différents bailleurs de fonds bilatéraux. L’objectif consiste à contribuer à l’accomplisse-ment de progrès macro-économiques et sectoriels dans le domaine de la lutte contre la pauvreté, conformément aux indicateurs de la stratégie de réduction de la pauvreté et des plans d’action triennaux associés. L’idée est de procéder à deux versements annuels sur la base des analyses de progrès réalisées dans le cadre des revues conjointes annuelles de la mise en œuvre de la stratégie de ré-duction de la pauvreté ainsi que des analyses macro-économiques de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International.
Outre l’appui budgétaire proprement dit, une aide est allouée aux réformes budgétaires centrales, telles que la mise en œuvre d’un nouveau système de gestion des recettes, la lutte contre la corruption économique et le renforcement des capacités de diverses instances de contrôle (ex. inspection financière et vérification des comptes de l’État). Par ailleurs, le Danemark œuvrera à la mise en place d’une plus grande cohésion entre le budget national et la stratégie de réduction de la pauvreté.
Par le biais du programme d’appui budgétaire, le Danemark renforcera son poids au sein du dialogue général entre le gouvernement du Burkina Faso et les bailleurs de fonds, tout en contribuant à asseoir la transparence et l’harmo-nisation de l’aide internationale au développement du Burkina Faso. Une plus grande harmonisation et une plus grande prévisibilité permettront en outre d’améliorer la planification et d’inscrire correctement les fonds octroyés dans la loi des finances et autres budgets du Burkina Faso. Le Danemark œuvrera activement à l’harmonisation des procédures de l’accord-cadre actuel avec des bailleurs de fonds qui n’ont pas adhéré à ce dernier.
En 2005, l’appui budgétaire global s’élevait à 7,5 % du budget national total et devrait atteindre 12,5 % en 2006.
4.2 Programme d’appui au secteur agricole et au développement des zones rurales
| Objectifs fixés dans la stratégie de réduction de la pauvreté du Burkina Faso |
- Le programme sectoriel est basé sur les objectifs fixés dans la stratégie de réduction de la pauvreté.
- Croissance annuelle de 15% des récoltes commerciales
- Croissance annuelle de 5% dans le secteur de l’élevage
- Croissance annuelle de 7% des exportations d’élevage (bovins)
- Croissance annuelle de 15% du nombre d’hectares sous gestion durable
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L’intervention sera basée sur la stratégie de réduction de la pauvreté ainsi que sur les politiques sectorielles et les plans d’action du Burkina Faso dans le domaine de l’agriculture. Dans le cadre du processus de réforme en cours, le Burkina Faso a adopté une politique de développement décentralisé des zones rurales et une stratégie de développement de ces zones jusqu’en 2015. Les prix et les marchés ont été libérés et le rôle joué par l’État dans la production et le commerce des produits agricoles a été considérablement réduit. Le rôle du secteur privé est largement privilégié et les organisations paysannes peuvent désor-mais exercer une plus grande influence sur la politique agricole.
La coopération au développement dans le domaine de l’agriculture et du déve-loppement des zones rurales vise à réduire la pauvreté de la population rurale burkinabè. L’objectif est de contribuer à un secteur agricole capable de nourrir la population et permettant un accroissement des recettes à l’exportation du pays sans engendrer une dégradation durable des ressources naturelles.
Le programme sectoriel vise l’octroi d’une aide cohérente au secteur agricole burkinabè en vue de faire progresser les principaux indicateurs du secteur, dé-finis dans la stratégie de réduction de la pauvreté. Aucune approche sectorielle n’a encore été adoptée dans le cadre du secteur agricole sur la base d’un programme national global pour le développement de ce dernier. L’aide danoise sera donc axée sur l’élaboration progressive d’un programme national en relation avec la stratégie gouvernementale approuvée en matière de développement des zones rurales, en collaboration avec les ministères concernés, les bailleurs de fonds et les organisations qui défendent les intérêts de la population rurale.
Les domaines prioritaires pour la période 2006-2011 seront les suivants:
- Aide à la promotion d’un cadre institutionnel pour un secteur adapté au marché, et notamment aide aux autorités burkinabè concernant leur nouveau rôle dans la gestion et le suivi du secteur, tant à l’échelle centrale que locale, ainsi que dans la rationalisation de l’aide internationale au dévelop-pement du secteur dans le cadre d’un programme national.
- Base de revenus diversifiée dans les zones rurales. Le programme sectoriel entend stimuler la population rurale à produire des céréales différentes, afin de réduire sa dépendance vis-à-vis des récoltes d’une même sorte de céréa-les. En outre, le développement économique général des zones rurales sera soutenu en vue de promouvoir des sources de revenus alternatives dans le domaine de l’artisanat et du commerce, entre autres.
- Accroissement de la commercialisation de la production agricole, entre autres en transformant et en commercialisant les produits agricoles et en améliorant l’infrastructure de commercialisation.
- Assistance à la population rurale afin de mettre en place des institutions pour la gestion locale des ressources naturelles ainsi qu’une aide aux organisations qui défendent les intérêts de la population rurale et qui aident leurs membres à écouler les céréales et à acheter des outils, de l’engrais, des aliments pour animaux et des produits phytosanitaires.
- Aide au processus d’assainissement des petits établissements de crédit burkinabè afin d’accroître leur durabilité et leur efficacité dans les zones rurales, et l’amélioration de l’intégration de ces zones dans le secteur financier commercial.
- Assistance à la population rurale grâce à un meilleur accès tant aux petits crédits et aux moyens financiers dans le cadre d’un ”Fonds de dévelop-pement rural” géré par des représentants des autorités locales chargées de veiller aux intérêts de la population rurale.
- Implication de la société civile (ONG locales et les organisations professionnelles représentant la population rurale) dans la mise en œuvre des activités destinées aux processus de développement à l’échelle locale.
4.3 Programme d’appui au secteur éducation
| Objectifs fixés dans la stratégie de réduction de la pauvreté du Burkina Faso |
- Éducation de base pour tous à l’horizon de 2015. Cibles intermédiaires: 60% en 2006, dont 52% pour les filles.
- Taux d’alphabétisation en augmentation constante: 28% en 2004, 36% en 2006 et 40% en 2010.
- Augmenter le taux de réussite du primaire vers le secondaire. Cible intermédiaire: 45% en 2006.
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| Objectifs fixés pour la coopération entre le Burkina Faso et le Danemark dans le secteur de l’éducation |
- Le programme d’appui au secteur de l’éducation sera basé sur les objectifs définis dans la stratégie de réduction de la pauvreté.
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Depuis 2004, le secteur de l’éducation au Burkina Faso bénéficie d’un appui dans le cadre de la coopération au développement. Durant la période 2004-2005, cet appui a été apporté dans le cadre d’une phase pilote durant laquelle un véritable programme sectoriel a été élaboré pour entrer en vigueur en 2006. Le principal objectif de l’aide est d’accroître le faible niveau d’éducation et d’améliorer la qualité des programmes d’éducation en vue de réduire, à terme, la pauvreté du pays.
L’appui sectoriel se fonde sur les priorités définies dans la stratégie de réduction de la pauvreté dans le domaine de l’éducation et sur les autres priorités nationales en matière d’éducation, notamment le plan décennal de développement de l’éducation de base (2001-2010). Le programme d’appui au secteur de
l’éducation comprendra une composante principale avec des sous-composantes associées. La composante principale comprendra un appui à l’éducation de base. Les sous-composantes comprendront un appui à l’alphabétisation, aux programmes de développement pédagogiques et à la décentralisation du système éducatif. En outre, le gouvernement sera soutenu dans l’élaboration d’une politique dans le domaine des formations professionnelles. Des analyses réalisées lors de la phase pilote ont montré que les formations professionnelles sont, pour l’instant, beaucoup trop fragmentés pour que le Danemark puisse à l’heure actuelle octroyer une véritable aide sectorielle, et qu’il conviendrait avant tout de travailler à l’élaboration d’une politique nationale en la matière. Conformément à la stratégie de réduction de la pauvreté, la priorité sera accordée à l’éducation de base. Il est prévu que l’appui danois à cet égard sera octroyé à titre de contribution à une aide commune des bailleurs de fonds pour la mise en œuvre du plan décennal de développement de l’éducation de base.
Le secteur de l’éducation se caractérise par une étroite collaboration entre le gouvernement et les partenaires internationaux. Le Danemark participe activement à cette collaboration et contribue à un renforcement de la coordination et de l’harmonisation des interventions au sein du secteur. Les principales priorités danoises dans le cadre du dialogue avec le gouvernement et les autres bailleurs de fonds et de la mise en œuvre du programme sectoriel seront les suivantes :
- Promotion de la demande éducative de la population par l’implication de la population locale dans l’exploitation des écoles et par la réduction des frais scolaires supportés par les familles, y compris la distribution de livres et cahiers gratuits.
- Renforcement de la formation et de la formation continue des enseignants, y compris les enseignants auxiliaires qui, jusqu’ici, ne reçoivent qu’une formation rudimentaire.
- Plus grande adaptation du système scolaire inspiré du système français au contexte burkinabè, notamment par une plus grande utilisation des langues nationales dans l’enseignement et par l’inclusion de matières pratiques liées à l’agriculture et à l’artisanat.
- Amélioration de la transition entre les formations primaires et secondaires, de sorte qu’un plus grand nombre d’enfants et de jeunes suivent une formation de base complète (neuf ans) ou une formation professionnelle après l’école primaire.
- Renforcement des capacités dans le secteur de l’éducation. L’aide pourra comprendre un renforcement institutionnel du ministère de l’Enseignement et des autorités locales, de sorte que celles-ci puissent prendre en charge le nombre croissant de tâches qui leur incombera à mesure que la décentralisation s’intensifiera. De plus, l’aide pourra englober la promotion d’un cadre institutionnel plus cohérent et efficace pour les formations secondaires et professionnelles ainsi que d’un cadre mieux harmonisé et plus formalisé pour les interventions des bailleurs de fonds dans ce domaine.
4.4 Programme d’appui aux secteurs de l’eau et de l’assainissement
| Objectifs fixés dans la stratégie de réduction de la pauvreté du Burkina Faso |
- Accroissement continu de la couverture en eau potable d’environ 61%* en 2003 à 78% en 2015.
- Construction de 1 000 prises d’eau modernes (puits et pompes) par an.
- Accroissement continu du nombre de foyers possédant leurs propres latrines de 33% en 2003 à 67% en 2015.
* Un nouveau chiffre annuel est en cours d’élaboration.
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| Objectifs fixés pour la coopération entre le Burkina Faso et le Danemark dans le secteur de l’eau |
- Construction de 200 nouvelles prises d’eau modernes (puits et pompes) par an dans les provinces d’intervention au profit d’au moins 60 000 personnes.
- Augmentation d’une moyenne de 4 points de pourcentage de foyers ayant accès à des latrines personnelles dans les provinces d’intervention jusqu’en 2009 inclus.
- Couverture à 100% en latrines des écoles et des centres de santé publics en 2009 dans les provinces d’intervention.
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Le programme sectoriel se base sur le problème fondamental du Burkina Faso dans le secteur de l’eau et de l’assainissement : d’une part, la demande en eau s’intensifie du fait de la croissance de la population et des activités économi-ques. D’autre part, les ressources en eau sont limitées et largement incertaines en raison d’une pluviométrie variable.
Traditionnellement, les ressources en eau incertaines sont la source de conflits entre les nombreux groupes de population différents au Burkina Faso. Aussi la coopération au développement dans le secteur de l’eau et de l’assainissement aurat-elle pour objectif fondamental, entre autres, de prévenir les conflits par la promotion d’une meilleure connaissance et d’une meilleure gestion des ressources en eau du pays.
Le programme sectoriel soutiendra un rapprochement de la coopération entre le gouvernement burkinabè et les partenaires internationaux concernant l’élaboration et la mise en œuvre d’un programme national global en vue d’at-teindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement dans le domaine de l’eau et de l’assainissement.
Les domaines prioritaires pour la période 2006-2010 seront les suivants :
- Gestion des ressources en eau. L’accent sera mis sur l’aide à une exploitation durable des ressources en eau limitées du Burkina Faso pour la consommation humaine et à des interventions productives au profit de l’ensemble de la population et avant tout des pauvres. Une aide sera octroyée à la création de comités de gestion des bassins versants pour la gestion des ressources en eau du Burkina Faso.
- Accès à l’eau dans les zones rurales. L’accent sera mis sur la production d’équipements et de méthodes durables pour l’obtention d’eau en vue d’améliorer les conditions de vie de chaque foyer, et tout particulièrement des enfants et des femmes en améliorant les conditions sanitaires et en réduisant leur charge de travail. S’il s’avère possible dans le cadre du renforcement de l’approvisionnement en eau potable de faciliter la culture de céréales, de promouvoir l’horticulture et de procurer de l’eau aux animaux domestiques, ces initiatives seront soutenues. L’accent sera mis sur l’appli-cation de solutions techniques simples et sur la participation des femmes au processus de décision.
- Accès à l’eau et aux installations sanitaires dans les petites villes. Une assistance technique et financière sera octroyée en vue de la réhabilitation et du renforcement de l’approvisionnement en eau potable et des installations sanitaires. L’accent sera mis sur la garantie d’une exploitation et d’un entretien durables.
- Activités d’assainissement et campagnes de promotion d’une meilleure hygiène. L’assainissement et l’information en matière d’hygiène continueront de faire partie intégrante de l’approvisionnement en eau dans les zones rurales et les petites zones urbaines.
- Aide au développement institutionnel et au renforcement des capacités. Une aide sera accordée au secteur privé et à la capacité de l’État à définir le cadre de ce dernier sous la forme de politiques et de stratégies. Une aide aux stratégies partielles en matière d’égalité entre les femmes et les hommes et aux plans d’action dans le domaine du VIH/SIDA sera comprise. Le dé-veloppement des compétences et le renforcement des ressources humaines au sein du secteur feront partie des domaines prioritaires. Parallèlement, le programme sectoriel consolidera la capacité des autorités décentralisées dans le cadre du processus de décentralisation.
4.5 Programme d’appui au secteur de l’énergie
| Objectifs fixés dans la stratégie de réduction de la pauvreté du Burkina Faso |
- Électrification de dix localités par an dans les zones rurales.
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| Objectifs fixés pour la coopération entre le Burkina Faso et le Danemark dans le secteur de l’énergie |
- Consolidation et optimisation des activités réalisées jusqu’ici, y compris le maintien de l’efficacité de la Direction de l’énergie du Burkina Faso.
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Le programme d’appui actuel au secteur de l’énergie sera progressivement supprimé. L’aide danoise directe à ce secteur continuera d’être octroyée par le biais d’un projet limité au cours d’une période de suppression de trois ans (2006-2008). Le projet entend garantir une consolidation du renforcement en cours des capacités de la Direction de l’Énergie du Burkina Faso notamment.
Le programme d’appui au secteur de l’énergie comprend une aide à la gestion et à l’utilisation durable du bois de chauffage. Cette aide sera consolidée durant la période de suppression progressive. En outre, des activités semblables seront intégrées dans le programme d’appui au secteur agricole, étant donné qu’il s’agit d’une intervention de gestion des ressources naturelles. L’aide directe danoise octroyée jusqu’ici à l’électrification des zones rurales sera progressivement supprimée après 2005, après quoi le gouvernement burkinabè financera personnellement ces activités par l’intermédiaire du Fonds de Développement de l’Electrification créé en 2004.
Cette page fait partie de la publication "PARTENARIAT BURKINABÈ - DANOIS" comme chapitre 4 de 6
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